Blog · Analyse hebdomadaire · Samedi 3 octobre 2026

Lundi 28 septembre, l'or a ouvert à 4 279 $ et n'a jamais regardé en arrière. En une séance, il a perdu 3,8 %, enfoncé le plancher de 4 235-4 245 $ qu'il défendait depuis deux semaines, et terminé à 4 114,89 $. La semaine dernière, j'avais écrit qu'une clôture quotidienne sous 4 234 $ ouvrirait la voie vers 4 110 $. Le plus bas de lundi est à 4 110,47 $. Je n'en tire aucune fierté : un objectif atteint en une seule séance, c'est surtout la mesure de la vitesse à laquelle un support cède quand tout le monde s'appuyait dessus.
Le plus instructif est pourtant arrivé vendredi. À 14 h 30, le rapport sur l'emploi américain sort à 29 000 créations de postes, trois fois moins que prévu. Le manuel dit qu'un chiffre pareil fait baisser les taux et monter l'or. Pendant une heure, le manuel a fonctionné : le 10 ans américain est tombé vers 5,16 %, l'or est monté à 4 226 $. À la clôture, le 10 ans était à 5,28 %, plus haut que la veille, et l'or à 4 140 $. Une mauvaise nouvelle économique n'a pas réussi à faire baisser les taux longs plus de deux heures.
Et pendant que le métal cherchait un plancher, un autre graphique a cassé le sien. L'euro termine à 1,1252 face au dollar, sous tous les creux qui le soutenaient depuis plus d'un an. Trois signaux, donc, qui disent la même chose : le coût de l'argent remonte partout en même temps, et les actifs qui ne versent rien — ou qui portent trop de dette — le paient en premier.
Le 10 ans américain a touché 5,34 % jeudi et clôture la semaine à 5,28 %, en hausse de 11 points de base ; le troisième trimestre qui vient de s'achever est le pire pour les obligations américaines depuis 1994.
Je reviens sur la séance de vendredi, parce qu'elle vaut plus que le niveau lui-même. Quand l'économie ralentit, la banque centrale a moins de raisons de durcir, et les taux longs baissent : c'est le b.a.-ba. À 14 h 31, le mécanisme joue, le 10 ans glisse jusqu'à 5,157 %, le 2 ans plonge. À midi, heure de New York, tout est effacé. Le 10 ans finit à 5,275 %, au-dessus de sa clôture de jeudi, le jour d'un rapport sur l'emploi franchement faible. Ce n'est pas le niveau qui compte, c'est la contradiction.
Ce que le marché obligataire dit, je le traduis ainsi : le chiffre de l'emploi l'intéresse moins que le prix du baril et la quantité de dette qu'on va lui demander d'absorber. Toute la semaine, le 10 ans et le pétrole ont bougé presque ensemble. Lundi, 5,24 % avec un Brent à 108 $. Jeudi, 5,34 % quand un troisième porte-avions prend la route du Golfe. Le 30 ans, lui, est monté vers 5,66 %, un sommet de vingt-quatre ans.
Le mouvement est mondial, et c'est ce qui lui donne son poids. Le 30 ans britannique a franchi 6 % pour la première fois depuis 1998. Le 10 ans français a touché 4,99 % jeudi, et l'écart avec l'Allemagne dépasse 140 points de base en fin de semaine : la France paie 1,4 point de plus que Berlin pour emprunter sur dix ans, avec la même monnaie et la même banque centrale. C'est le prix du doute, et il n'avait plus été aussi élevé depuis la crise de l'euro de 2012.
Le mécanisme derrière ces chiffres est simple, et je le trouve plus inquiétant qu'un accident de marché. Un État ne rembourse jamais vraiment sa dette : il la renouvelle. Pendant dix ans, il l'a renouvelée à zéro. Aujourd'hui, chaque tranche qui arrive à échéance revient avec un taux qui commence par un 4 ou un 5. La France devra lever environ 340 milliards d'euros sur les marchés en 2027, un record, non parce qu'elle dépense davantage mais parce que les emprunts de la période Covid tombent à échéance. Sa dette atteint 3 595 milliards, 119 % du PIB, et la charge d'intérêts tourne autour de 90 milliards par an, soit environ 250 millions d'euros par jour. Le budget présenté jeudi prévoit 43 milliards de mesures, après quoi le déficit restera proche de 5 % du PIB.
Le même jour, Paris a placé 12 milliards d'obligations sans difficulté. Bien sûr : à 4,9 %, les acheteurs ne manquent pas. Le problème n'a jamais été de trouver des prêteurs, mais le prix auquel ils prêtent. Un marché qui se ferme oblige à réagir le lendemain ; un marché qui prête toujours, mais à 5 %, laisse creuser pendant des années. Un dernier ordre de grandeur pour mesurer ce qu'a coûté ce changement de régime : une obligation américaine à 30 ans émise au pair en août 2020 vaut aujourd'hui environ 42 % de son prix d'émission.
L'économie américaine a créé 29 000 emplois en septembre contre 84 000 attendus ; la probabilité d'une hausse de taux le 28 octobre est tombée de 70 % à 20 % en quatre jours, mais celle d'une hausse en décembre est à 87 %.
Mardi matin, le marché donnait environ 70 % de chances à un nouveau relèvement fin octobre. Mardi après-midi, puis jeudi, deux responsables de la Fed ont expliqué qu'ils avaient « le temps ». Jeudi soir, la probabilité n'était plus que de 25 %. Vendredi, après le rapport sur l'emploi, 20 %. En quatre jours, la hausse d'octobre est passée de quasi certaine à quasi enterrée, et le Nasdaq a salué la nouvelle par un record en séance.
La partie que le marché a moins regardée, c'est décembre : 87 %. La Fed n'a rien annulé, elle a décalé de six semaines. Et le marché obligataire, lui, l'a parfaitement compris — c'est une des raisons pour lesquelles les taux longs n'ont pas tenu leur baisse.
Je reste prudent sur le chiffre lui-même. Le rapport a manqué le consensus de 55 000 postes, dans une économie qui compte environ 160 millions de salariés, avec une marge d'erreur statistique de l'ordre de 130 000 dans un sens ou dans l'autre. L'écart est inférieur à l'incertitude de la mesure. La seconde enquête du même rapport, celle qui sert à calculer le taux de chômage, indique 406 000 personnes en emploi de plus sur le mois. Deux thermomètres, deux températures. Les révisions, elles, sont nettes : juillet et août perdent 60 000 postes, et juillet passe en négatif.
Ce que je retiens, c'est moins un marché du travail qui casse qu'un marché du travail figé. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont tombées à 197 000, proche des plus bas historiques : personne ne licencie. Mais personne n'embauche non plus. Les entreprises n'ont pas assez peur pour réduire leurs effectifs et plus assez confiance pour les augmenter. La donnée la plus solide du rapport est ailleurs : les salaires progressent de 0,1 % sur le mois et de 3 % sur un an, le rythme le plus faible depuis mai 2021, avec une inflation proche de 3 %. Le pouvoir d'achat s'érode sans bruit.
Pour l'or, la conclusion est directe : un chiffre faible ne suffit plus à faire reculer les rendements. Le prochain juge sera l'inflation américaine du 14 octobre, qui décidera de décembre. D'ici là, la semaine est calme : indice d'activité des services lundi, balance commerciale mardi, compte rendu de la dernière réunion de la Fed mercredi, inscriptions au chômage jeudi.
Le Brent termine à 102,60 $, en hausse de 5,1 %, après un pic à 108 $ lundi ; le G7 a annoncé vendredi la libération de 100 millions de barils de brut et de diesel sur quatre mois, sa deuxième ponction dans les réserves stratégiques cette année.
La semaine dernière, je notais que le marché avait clôturé en achetant une paix que Washington venait de refuser. La réponse est tombée dès lundi : le Brent a grimpé jusqu'à 108 $ en séance. Mardi, l'oléoduc saoudien qui permet de contourner en partie le détroit d'Ormuz a redémarré après un arrêt provoqué par des drones ; les exportations de la région ne sont plus qu'à 11 % sous leur niveau d'avant-guerre, et le baril a rendu 2,5 %. Mercredi, Téhéran annonce avoir reçu une réponse officielle de Washington dont personne ne connaît le contenu. Jeudi, l'envoi d'un troisième porte-avions fait reprendre 4,4 % au Brent, qui repasse au-dessus de 100 $.
Vendredi, le G7 a sorti ses réserves : jusqu'à 100 millions de barils sur quatre mois, avec une grosse livraison de diesel dans les vingt premiers jours. Le contexte explique la précipitation. Washington laissait planer depuis des jours la menace d'une interdiction d'exporter le diesel américain, alors que les États-Unis fournissaient en août environ la moitié du diesel importé par l'Union européenne. L'Europe a ouvert ses cuves pour éviter que l'Amérique ne ferme les siennes.
Cent millions de barils, le chiffre impressionne. Je le ramène à l'échelle : sur quatre mois, cela représente environ 830 000 barils par jour, dans un monde qui en consomme une centaine de millions. Et depuis février, les stocks mondiaux ont fondu de 507 millions de barils. On restitue donc un cinquième de ce qui a déjà été consommé, après une première libération de 400 millions de barils en mars. Une réserve stratégique sert à passer un mauvais mois ; elle ne remplace pas un baril qui n'est pas produit. Si le pont devient la route principale, le problème change de nature.
Le WTI, lui, termine à 91,25 $ (−1,3 %) après avoir oscillé entre 88,06 $ et 96,54 $. Sur le graphique hebdomadaire, je lis la même chose que les semaines précédentes : après un doublement de prix depuis le début du conflit, le baril digère sous ses sommets, et la volatilité se resserre peu à peu contre la résistance. C'est une figure de continuation tant que les creux remontent. Plus largement, le panier des matières premières consolide depuis trois semaines juste sous ses records, et les métaux industriels dessinent la même pause. Je garde un biais neutre à haussier sur le pétrole, avec 108 $ comme borne haute sur le Brent et 95 $ comme support.
L'or a clôturé la semaine à 4 140,36 $, en baisse de 3,4 %, après avoir cassé lundi son plancher de 4 235-4 245 $ et touché 4 110,47 $ ; il passe quatre séances à osciller entre 4 112 $ et 4 226 $ sans parvenir à reprendre le niveau perdu.
Séance par séance. Lundi, ouverture à 4 279,11 $, plus haut de la semaine à 4 280,39 $ dans les premières minutes, puis une baisse ininterrompue jusqu'à 4 110,47 $ et une clôture à 4 114,89 $, avec un Brent à 108 $ et un 10 ans qui remonte à 5,27 %. Mardi, le métal tient 4 112,76 $ et rebondit à 4 181,77 $. Mercredi, il pousse à 4 218,96 $ avant de retomber à 4 156,89 $. Jeudi, séance étroite, clôture à 4 177,06 $. Vendredi, le rapport sur l'emploi le propulse à 4 226,14 $, puis les taux se retournent et il termine à 4 140,36 $, près des plus bas du jour.
La semaine dernière, mon cadre tenait en une ligne : invalidation à 4 234 $ en clôture quotidienne, et en dessous, 4 110 $. L'invalidation a été déclenchée dès lundi, et l'objectif atteint dans la même séance, à 47 cents près. Ce plancher avait été racheté deux semaines de suite ; la troisième tentative a été la bonne pour les vendeurs. Je note au passage que le rebond de vendredi s'est arrêté à 4 226 $, soit une dizaine de dollars sous l'ancien plancher. Un support cassé qui repousse le prix à son premier retour, c'est un changement de polarité : la zone 4 235-4 245 $ est désormais une résistance.
Sur le graphique hebdomadaire, la compression que je décrivais s'est résolue par le bas. Les plus hauts de semaine reculent depuis fin août pour la sixième fois d'affilée : 4 697 $, 4 511 $, 4 443 $, 4 399 $, 4 383 $, et 4 280 $ cette semaine. Le prix clôture 140 $ sous sa moyenne mobile à 20 semaines, qui passe vers 4 281 $, et sous tous ses repères quotidiens. La tendance hebdomadaire reste baissière depuis le sommet de 4 697 $.
La grande image, en revanche, ne bouge pas. Depuis la fin mars, l'or digère sa hausse dans un large range, entre 3 942 $ et 4 890 $ environ. Il évolue aujourd'hui dans le quart inférieur de cette zone, et la logique d'un range est d'aller chercher ses bornes : la borne basse est la destination naturelle tant qu'aucun signal de retournement n'apparaît. Je garde en tête ce que cette phase représente à l'échelle du cycle. Le marché haussier lancé en 2019, relancé en mars 2024, a produit une accélération exceptionnelle ; cette accélération s'est arrêtée, et le métal consolide. Les consolidations de marché haussier se terminent généralement de la même façon : les creux remontent, les oscillations se resserrent contre la résistance, puis la sortie se fait par le haut. Nous n'en sommes pas là. Il faudra probablement des mois, et je n'exclus pas que la vraie reprise attende 2027.
Les niveaux que je surveille. En support : 4 110 $, le plus bas de la semaine, défendu lundi et mardi. Dessous, la zone 4 018-4 024 $, qui regroupe le creux de début août et celui de juin. Puis la base du range, 3 942-3 960 $, testée trois fois entre fin juin et mi-juillet. Une clôture hebdomadaire sous 3 942 $ ferait sortir l'or de son range par le bas et changerait ma lecture de fond : ce n'est pas le scénario que je privilégie, mais c'est celui qui m'obligerait à revoir ma copie. En résistance : 4 219-4 226 $, plafond de mercredi et vendredi, puis 4 235-4 245 $, l'ancien plancher, et 4 280 $, l'ouverture de la semaine et la moyenne à 20 semaines.
L'argent a de nouveau amplifié le mouvement : 60,37 $ en clôture, en baisse de 5,8 %, avec un plus bas à 59,69 $. Le rapport or/argent grimpe à 68,6, contre 66,7 la semaine dernière. Quand le métal blanc baisse plus vite que le jaune, le marché réduit son risque sur l'ensemble du compartiment ; ce n'est pas le comportement d'un creux en formation.
| Actif | Clôture hebdo | Situation technique | Biais |
|---|---|---|---|
| Or (XAU/USD) | 4 140,36 $ (−3,4 %) | Plancher 4 235-4 245 $ cassé, objectif 4 110 $ touché ; sixième plus haut hebdomadaire décroissant ; quart inférieur du range 3 942-4 890 $ | Baissier court terme, support 4 110 $ |
| Argent (XAG/USD) | 60,37 $ (−5,8 %) | Amplifie la baisse de l'or, plus bas à 59,69 $ ; rapport or/argent à 68,6 | Baissier court terme |
| Pétrole (Brent) | 102,60 $ (+5,1 %) | Pic à 108 $ lundi, retour au-dessus de 100 $ ; consolidation sous les sommets de cycle | Neutre à haussier |
| Pétrole (WTI) | 91,25 $ (−1,3 %) | Amplitude 88,06-96,54 $ ; volatilité qui se resserre sous la résistance | Neutre |
| 10 ans US | 5,28 % (+11 pb) | Plus haut à 5,34 % ; baisse post-emploi effacée en deux heures ; sortie par le haut d'un long range | Haussier sur les taux |
| Dollar (DXY) | 101,92 (+0,9 %) | Plus haut à 102,21, clôture juste sous 102 ; troisième semaine de hausse | Haussier, confirmation au-dessus de 102 |
| EUR/USD | 1,1252 (−1,2 %) | Cassure nette du support de 1,1350 ; troisième semaine de baisse, plus bas à 1,1215 | Baissier, objectif 1,08 |
| S&P 500 | 7 722,72 (−0,3 %) | Semaine de pause, plus bas à 7 617 racheté ; petite consolidation dans la tendance | Neutre, fond haussier |
| Nasdaq 100 | 30 808 (+0,7 %) | Record en séance à 31 017 ; cassure à confirmer, repli possible vers l'écart d'ouverture | Haussier, à confirmer |
| CAC 40 | 7 897 (−2,4 %) | Nette baisse vers une ancienne résistance devenue support ; pénalisé par la dette française | Neutre, sous pression |
| Bitcoin | 84 848 $ (+0,5 %) | Tient au-dessus de 80 500 $ ; double plafond à 87 200-87 400 $ | Haussier au-dessus de 80 500 $ |
L'euro clôture à 1,1252, en baisse de 1,2 %, sous la zone de 1,1350 qui avait arrêté toutes ses baisses depuis l'été 2025 ; le dollar monte à 101,92 après un plus haut à 102,21.
C'est, à mes yeux, le signal graphique le plus important de la semaine, et il ne concerne pas l'or directement. Depuis plus d'un an, l'euro rebondissait sur la même zone : 1,1347 en juin 2025, 1,1353 fin juillet 2026, 1,1359 la semaine dernière. Un support travaillé autant de fois et cassé franchement, ce n'est plus un support. La semaine dernière, je parlais encore de faiblesse plutôt que d'accélération baissière, parce que ce niveau tenait. Il ne tient plus : la clôture se fait 100 points en dessous, sur une bougie hebdomadaire sans mèche basse significative. Je change donc de vocabulaire, et je parle désormais de cassure.
Mon premier objectif se situe vers 1,08, un niveau que je vois atteignable d'ici l'été 2027 au rythme actuel. Si la baisse s'accélère, les repères suivants sont 1,02, puis la zone sous la parité. Je ne fais pas de pronostic sur la vitesse : je constate qu'une polarité a changé, et qu'un retour vers 1,1350 serait désormais une résistance à surveiller, pas une occasion d'acheter.
Côté dollar, je reste rigoureux sur ce que j'avais écrit : un signal haussier majeur exigeait une clôture au-dessus de 102. L'indice a touché 102,21 et termine à 101,92. La condition n'est pas remplie, à huit centièmes près. Mais c'est sa troisième semaine de hausse et son plus haut niveau depuis plus d'un an ; la pression est clairement du côté acheteur. Sur le très long terme, le dollar reste dans un canal ascendant engagé en 2014, et il vient de rebondir sur le support de ce canal.
Il y a derrière ce mouvement une logique que je trouve cohérente. Le 10 ans américain rapporte 5,28 %, le 10 ans allemand 3,46 %. Près de deux points d'écart de rémunération, pour une monnaie qui, en plus, s'apprécie. Un épargnant en euros subit donc deux effets à la fois : un rendement plus faible et une devise qui se déprécie. Ce différentiel attire mécaniquement les capitaux vers le dollar, et la situation budgétaire française n'aide pas la monnaie unique. Pour l'or coté en dollars, c'est un vent contraire supplémentaire. Pour un investisseur européen, le tableau est plus nuancé : la baisse de l'euro amortit une partie du recul du métal exprimé en euros.
Le Nasdaq 100 signe un record en séance à 31 017 et termine à 30 808 (+0,7 %), le S&P 500 cède 0,3 % à 7 723 points, et le CAC 40 perd 2,4 % à 7 897 : les actions américaines ignorent la hausse du coût de l'argent, pas les actions françaises.
Le S&P 500 a passé une semaine de pause. Il est descendu jusqu'à 7 617 points et revient clôturer presque exactement à son niveau d'ouverture. Sur le graphique hebdomadaire, c'est une petite consolidation en forme de drapeau à l'intérieur d'une tendance haussière intacte depuis 2022. Le Nasdaq est plus nerveux : il a ouvert un petit écart de cours et marqué un nouveau sommet. Je ne sais pas encore s'il s'agit du départ d'une nouvelle jambe de hausse ou d'un débordement qui sera comblé. Le scénario que je trouverais le plus sain serait une consolidation de quelques semaines, avec une volatilité qui se contracte, avant une cassure propre en fin d'année.
La hausse a eu un vrai moteur : un grand fabricant américain de puces mémoire a publié des prévisions nettement supérieures aux attentes, la demande des centres de données pour l'intelligence artificielle accélère, et les semi-conducteurs gagnent près de 3,7 % sur la semaine. Séoul a pris environ 3,7 % sur la seule séance de vendredi, et l'enquête de confiance des industriels japonais remonte à +24. À l'inverse, la Bourse indienne aligne une huitième semaine de baisse alors que son industrie tourne à son meilleur rythme depuis sept mois : l'argent quitte un pays qui va bien parce qu'il trouve 5 % sans effort sur la dette américaine.
En Europe, le DAX termine à 25 231 points après avoir comblé un écart de cours et touché sa ligne de support ; j'attends une phase latérale avant une reprise vers le haut de son canal. Le CAC 40 est plus fragile : une vraie semaine de baisse, qui le ramène sur une ancienne résistance devenue support. Je m'attends à une consolidation volatile, le temps que le plancher se dessine.
Première anomalie : les inscriptions au chômage tombent à 197 000 pendant que les créations d'emplois s'effondrent à 29 000. Un marché où personne ne licencie et où personne n'embauche est un marché gelé, pas un marché sain. Deuxième anomalie : les obligations américaines vivent leur pire trimestre depuis 1994 et le Nasdaq bat un record. En 1994 aussi, les actions ont longtemps traité la hausse des taux comme une affaire d'obligataires — jusqu'à la faillite d'un comté californien dont le fonds avait parié sur la baisse des taux. Troisième anomalie : un grand fabricant de puces accepte de prêter jusqu'à 42 milliards de dollars à l'un de ses clients de l'intelligence artificielle pour financer ses achats de capacité de calcul. Quand le vendeur doit prêter pour que le client achète, l'argent ne vient plus tout seul. La mécanique rappelle celle des équipementiers télécoms en 1999. Ce n'est pas la même situation ; c'est la même forme.
Je ne suis pas baissier sur les actions américaines. Les entreprises gagnent beaucoup d'argent, la croissance du troisième trimestre est estimée autour de 3,7 %, et la tendance graphique est intacte. Mais je constate que chaque mauvaise nouvelle de la semaine a été requalifiée en bonne : un emploi trois fois plus faible que prévu devient un soulagement, une hausse de taux reportée de six semaines devient une Fed plus souple. Chaque lecture, prise seule, se défend. Toutes ensemble, elles décrivent un marché qui a choisi de ne pas ouvrir son courrier. Pour un trader d'or, le point à retenir est le même que la semaine dernière : le jour où ce marché se retourne, la première réaction est une vente générale, métaux compris.
Bitcoin clôture la semaine à 84 848 $, en hausse de 0,5 %, après un plus haut à 87 219 $ : pour la deuxième semaine consécutive, il bute sur la zone de 87 200-87 400 $ tout en restant nettement au-dessus de son support de 80 500 $.
La semaine a été sans relief en apparence, entre 82 555 $ et 87 219 $. Elle confirme pourtant deux choses. D'abord, le seuil de 80 500 $ validé il y a deux semaines n'a toujours pas été retesté : le marché évolue désormais au-dessus de son pivot, ce qui le fait passer d'un état de range à un état de tendance haussière potentielle. Ensuite, un plafond se dessine. Le plus haut de la semaine dernière était à 87 374 $, celui de cette semaine à 87 219 $. Deux sommets presque identiques, c'est une résistance.
J'observe la même reprise, plus discrète, sur le reste du compartiment : l'Ether, à 2 682 $, a cassé une petite structure de double creux à l'intérieur du grand range qui l'enferme depuis près de cinq ans, et la logique voudrait qu'il aille en chercher la borne haute. Le contraste avec l'or persiste : Bitcoin a tenu pendant que le métal perdait 3,4 %. Il se comporte comme un actif de risque, porté par le même courant que la technologie. Mon cadre est inchangé : haussier au-dessus de 80 500 $, avec un signal d'accélération sur une clôture hebdomadaire au-dessus de 87 400 $. En cas de retournement des indices, il serait en première ligne.
Cette semaine valide le cadre plus que le biais. J'avais une invalidation à 4 234 $ et un objectif à 4 110 $ en cas de cassure : les deux ont fonctionné, en une séance. C'est exactement à cela que sert un niveau fixé à l'avance. Il ne prédit pas la direction, il dit quoi faire quand le marché choisit. Celui qui tenait une position acheteuse sur le plancher sans invalidation a subi 130 $ de baisse en quelques heures. La hiérarchie des forces, elle, n'a pas changé : le 10 ans américain commande, et vendredi a montré qu'il ne baisse même plus sur une mauvaise nouvelle.
Sur le fond, je maintiens ma lecture. Des États qui renouvellent à 5 % une dette contractée à zéro, des réserves de pétrole qu'on vide pour la deuxième fois de l'année, un euro qui casse son support et un marché d'actions qui reclasse chaque mauvaise nouvelle : cet environnement finit par ramener les investisseurs vers un actif sans contrepartie. Mais « finit par » n'est pas un calendrier. Aujourd'hui, l'or est dans une consolidation à l'intérieur d'un marché haussier de long terme, et cette consolidation n'a pas fini de travailler. Je ne cherche pas à anticiper sa fin ; j'attends qu'elle se montre.
Concrètement : sous 4 235-4 245 $, le biais de court terme est baissier, et je traite les rebonds vers cette zone comme des résistances tant qu'elle n'est pas reprise en clôture quotidienne. En support, 4 110 $ d'abord, puis 4 018-4 024 $, puis la base du range à 3 942-3 960 $, où j'attends la réaction la plus sérieuse. Je ne traite pas le milieu : j'attends le prix sur une borne, je regarde s'il rejette, et je fixe mon invalidation avant d'entrer. Les repères extérieurs à surveiller : 5,34 % sur le 10 ans américain, 102 sur le dollar, 108 $ sur le Brent. Tant que ces trois seuils menacent de céder par le haut, la patience reste la meilleure position.
Analyse à but pédagogique — ne constitue pas un conseil en investissement. Voir l'avertissement sur les risques.
Rejoignez la communauté et suivez, en direct, comment on décide.