Blog · Analyse hebdomadaire · Samedi 4 juillet 2026
Cette semaine, il se passe un phénomène majeur sur les marchés européens. Tout le monde pense que l'Europe est en pleine chute, qu'on serait entrés dans une crise gigantesque. Et pourtant, les indices boursiers nous proposent un tout autre narratif, une autre trajectoire pour les mois et les trimestres à venir. C'est exactement le genre de moment où il faut s'affranchir des idées reçues qui émanent des médias financiers et regarder uniquement ce qui se passe sur les graphiques.
Et là, actuellement, le CAC 40 et le DAX me proposent une séquence d'accélération pour les prochains mois qui est assez massive. C'est stupéfiant, je sais que ça surprend, mais c'est le scénario que propose l'analyse cyclique et l'analyse graphique. Pendant ce temps, le Bitcoin reste engourdi sous sa ligne de marché baissier, l'or a cassé sa dynamique haussière sans devenir baissier pour autant, et le dollar poursuit une séquence d'accélération dans son grand cycle haussier entamé il y a quinze ans.
Comme chaque samedi, je passe en revue chaque grande classe d'actifs sur les unités de temps élevées : cryptomonnaies, devises, métaux précieux, énergie, matières premières et indices actions des deux côtés de l'Atlantique. L'objectif reste toujours le même — coller à ce que dit le graphique, pas à ce que raconte l'ambiance du moment.
Le Bitcoin reste sous sa ligne de marché baissier, sans narratif de soutien identifié pour l'instant.
Tant qu'il évolue sous sa ligne de démarcation, chaque mauvaise nouvelle garde le potentiel de précipiter une baisse forte. Le vrai problème aujourd'hui n'est pas tant technique que narratif : il n'y a plus vraiment d'histoire qui soutienne le Bitcoin. L'attention des investisseurs du monde entier s'est déplacée vers l'intelligence artificielle et le spatial — ces récits sont répétés en boucle dans les médias financiers, au détriment des cryptoactifs.
Le dollar entame une nouvelle séquence d'accélération dans un bull market vieux de quinze ans.
Sur le très long terme, j'observe le dollar dans un grand bull market face à un panier de devises depuis une quinzaine d'années, ponctué de séquences d'accélération comme celles de 2014 ou 2021. Un break a été déclenché il y a trois semaines et validé depuis, avec un double creux qui confirme la structure. Le dollar est actuellement dans une nouvelle séquence d'accélération massive de ce grand cycle haussier.
L'euro face au dollar valide ce scénario : à long terme, l'euro reste baissier au sein d'un grand cycle, avec deux vagues haussières qui viennent de voir leur momentum se retourner. Une cassure à la baisse s'est produite la semaine précédente, avant un retour au-dessus de la zone cette semaine. Pour confirmer ce signal de cassure, il faudra qu'on évolue à nouveau sous cette zone dans les deux à trois prochaines semaines.
L'or est sorti de sa dynamique haussière pour entrer en range, sans franchir le seuil d'un marché baissier confirmé.
L'or a cassé sa dynamique de momentum haussier, aussi bien face à l'euro que face au dollar. Ce n'est pas un basculement en marché baissier — pour cela, il faudrait une cassure franche du support qui délimite la zone de bull market — mais on est bel et bien sortis de la dynamique haussière pour entrer dans une structure de range, de latéralisation avec de la volatilité.
Face au dollar, la cassure est encore plus nette : le cours évolue désormais sous l'ancien support devenu résistance. Sans identification claire du nouveau niveau de référence, je préfère ne pas avoir de capital engagé sur cet actif pour l'instant. C'est typiquement le genre de marché où j'attends qu'une direction franche et nette soit prise avant de me positionner, plutôt que d'anticiper.
Le pétrole sort d'une longue latéralisation avec une asymétrie gain/risque nettement favorable au niveau actuel.
Le pétrole stabilise cette semaine sur son support, dans une structure de nouveau bull market qui a validé un break sortant de plusieurs années de latéralisation — la digestion de la forte hausse liée à la crise Covid. Depuis la guerre en Iran, le cours évolue dans un petit drapeau haussier, probablement sur son troisième creux. Si la dynamique inflationniste initiée par ce conflit se poursuit, le potentiel de hausse reste significatif pour les prochains trimestres ; si le pivot cède, on repasserait en range market.
Ce qui rend ce pari intéressant, c'est le ratio gain/risque : en se positionnant sur le niveau actuel avec un stop resserré, le potentiel de gain peut représenter plusieurs fois le risque pris. Sur l'indice des matières premières au sens large, je reste dans l'image mentale d'un grand cycle inflationniste initié début 2026, avec un cours actuellement posé sur la tangente qui sépare ce cycle d'un scénario de fin de bull market — à surveiller jusqu'à une échéance possible vers octobre 2026.
Sur l'or comme sur l'indice des matières premières, on évolue actuellement pile sur les lignes qui séparent le scénario haussier du scénario baissier. Une évolution sous ces niveaux dans les prochaines semaines remettrait en question l'image mentale de grand cycle haussier que je maintiens depuis plusieurs mois.
| Actif | Ce que le graphique montre | Biais CT | Biais MT |
|---|---|---|---|
| Bitcoin | Sous la ligne de bear market, aucun narratif de soutien | Baissier | Baissier |
| Dollar (panier) | Break validé, nouvelle séquence d'accélération | Haussier | Haussier |
| EUR/USD | Momentum retourné, cassure à confirmer | En attente | Baissier |
| Or (XAU/USD, vs EUR) | Dynamique haussière cassée, range market | Hors marché | Vigilance |
| Pétrole WTI | Stabilisation sur support, drapeau haussier | Haussier | Haussier |
| Matières premières | Sur la tangente du grand cycle inflationniste | Pivot | Haussier si tenu |
| S&P 500 / Nasdaq | Double creux sur pivot clé, pause post +20% | Consolidation | Haussier |
| DAX / CAC 40 | Nouveaux records historiques, signal d'accélération | Haussier | Haussier |
Le S&P 500 est en pause cette semaine, après plusieurs semaines de consolidation d'un rallye de l'ordre de +20%. On distingue un double creux sur le graphique, et l'idée maintenant est de voir comment se travaille le pivot qui en résulte : ce sera la zone déterminante de l'été. Une cassure confirmée au-dessus pourrait déclencher une nouvelle accélération des indices américains. Le S&P 500 est actuellement dans une très bonne posture.
Le Nasdaq raconte exactement la même histoire, avec un pivot parfaitement identifié et un probable second creux formé cette semaine. L'idée à surveiller : une contraction de la volatilité contre ce pivot, puis une éventuelle cassure qui ouvrirait une nouvelle jambe haussière. Sur le graphique mensuel de très long terme, l'indice évolue toujours dans un bull market entamé depuis le point bas de la crise inflationniste de 2022, sans avoir dépassé le haut de son canal — il reste donc, de mon point de vue, du potentiel d'appréciation avant de parler de bulle spéculative. Pour l'instant, ce mouvement reste sain.
Sur le DAX, cette semaine, on inscrit de nouveaux plus hauts historiques, avec une cassure qui enclenche un signal d'accélération. Une consolidation plus longue sous le pivot était envisageable, mais les investisseurs européens ont visiblement décidé de précipiter le scénario haussier. Ce signal devra rester en place — c'est-à-dire se maintenir au-dessus du pivot — au cours des deux à trois prochaines semaines pour être pleinement validé.
Sur le CAC 40, exactement le même signal : nouveau plus haut historique cette semaine, avec une clôture au-dessus du pivot. Deux signaux forts sur deux indices de la même région, ce n'est pas du bruit de marché, c'est un mouvement cohérent. Cette accélération fait sens avec ce que je vois sur le dollar et l'euro : un dollar en accélération haussière peut peser à court et moyen terme sur les actions américaines, tandis qu'un euro plus faible tend à favoriser relativement les entreprises cotées en Europe. Les indices européens prennent actuellement le lead sur les indices américains, et les deux zones développées restent globalement bien orientées pour la deuxième partie de l'année 2026.
Ce que je retiens de cette semaine, c'est un décalage frappant entre le narratif ambiant et ce que montrent réellement les graphiques. On m'explique depuis des mois que l'Europe est larguée, sans croissance ni innovation — le DAX et le CAC 40 viennent d'inscrire des records historiques. La bourse reste cet univers parallèle inversé où suivre son instinct, ou le storytelling des économistes, fait quasiment toujours rater le mouvement réel.
La mécanique de fond qui explique cette semaine, c'est le dollar : sa nouvelle séquence d'accélération dans un grand cycle haussier vieux de quinze ans pèse sur l'euro et redistribue le leadership boursier vers l'Europe. Pendant ce temps, l'or et le Bitcoin restent sans direction claire — l'un en range, l'autre toujours en bear market sans narratif de soutien — tandis que le pétrole offre, pour l'instant, l'asymétrie gain/risque la plus intéressante de mon tableau de bord.
Concrètement : je reste aligné avec l'accélération sur les indices européens et américains tant que les pivots respectifs tiennent, je maintiens une posture d'attente sur l'or et le Bitcoin faute de direction franche, et je considère le pétrole comme le pari le mieux positionné du moment sur le plan du couple gain/risque. La règle ne change pas d'une semaine à l'autre : le graphique décide, jamais l'émotion du moment.
Analyse à but pédagogique — ne constitue pas un conseil en investissement. Voir l'avertissement sur les risques.
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