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Analyse hebdomadaire des marchés : un équilibre fragile

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Analyse hebdomadaire des marchés : un équilibre fragile

Cette semaine, les marchés financiers entrent selon moi dans une phase décisive, dans un contexte géopolitique sous tension. Entre la flambée du pétrole, le retour en force du dollar et des risques plus silencieux comme celui du crédit privé, je vois les équilibres mondiaux commencer à vaciller.

Ce qui m'intéresse cette semaine, ce n'est pas seulement le pétrole et le Moyen-Orient qui monopolisent l'attention, mais les dynamiques plus profondes qui se mettent en place en parallèle, notamment sur le front des devises et des matières premières. Mon objectif : prendre de la hauteur pour comprendre les forces en présence et préparer stratégiquement les semaines à venir.

Je vous propose donc mon décryptage complet de la semaine, actif par actif, avant de vous donner ma lecture des risques et des opportunités qui se dessinent pour les prochains mois.

📌 À retenir cette semaine

  • Euro-Dollar : l'euro casse un support majeur, objectif technique 1,08, scénario extrême sous la parité vers 0,96
  • Dollar (DXY) : rebond solide sur une zone de double convergence, scénario de très long terme haussier
  • Pétrole : breakout après 4 ans de latéralisation post-Covid, le WTI proche des 100$, le Brent déjà au-dessus
  • Détroit d'Ormuz : environ 20 millions de barils par jour y transitent, un verrou stratégique sous tension
  • Bombardement américain sur l'île de Kharg, cœur du système pétrolier iranien, annoncé après la clôture des marchés vendredi
  • Or : dynamique parabolique, potentiel haussier jugé extraordinaire à l'horizon 2026
  • S&P 500 : moyenne mobile à 50 jours cassée, le marché repose désormais sur la moyenne mobile à 200 jours
  • Crédit privé : la part des entreprises recourant aux prêts PIK passe de 5% à 11%

Euro-Dollar : le signal de devises qui change la donne

L'euro casse un support important, un signal clairement pessimiste pour les prochains trimestres, pendant que le dollar confirme sa force.

L'événement central de la semaine se situe sur l'Euro-Dollar. Après plusieurs trimestres de surveillance, j'observe un véritable signal de reprise de la route du sud : l'euro a cassé un support important, validant une dynamique clairement pessimiste pour les prochains trimestres. À long terme, l'euro reste d'ailleurs inscrit dans une tendance baissière depuis 2010. Même si l'hypothèse d'une fausse cassure, pouvant dessiner une figure en épaule-tête-épaule, reste théoriquement possible — les cycles sur les devises étant particulièrement lents — la structure actuelle pointe vers une normalisation baissière. Mes objectifs techniques se situent autour de 1,08 dans un premier temps, avec un scénario plus extrême de descente sous la parité vers 0,96 en cas d'accélération violente.

En parallèle, le Dollar Index (DXY) montre une force renouvelée. Après avoir testé une zone de double convergence, un support horizontal couplé au bas d'un canal haussier, le billet vert a effectué un rebond solide. Le scénario de très long terme reste résolument haussier pour le dollar.

Pétrole et matières premières : la mèche qui peut tout faire sauter

Après quatre ans de latéralisation post-Covid, le pétrole a cassé sa résistance majeure, et le détroit d'Ormuz concentre à lui seul le risque des prochaines semaines.

L'indice des matières premières est actuellement en pleine vague d'impulsion. Ce type de mouvement est typiquement violent, mais souvent court dans le temps. Le pétrole en constitue le breakout le plus significatif : après quatre années de latéralisation pour digérer la crise du Covid, les prix ont cassé leur résistance majeure. Nous entrons désormais dans une phase de forte volatilité haussière, ce qui signifie que des corrections marquées restent possibles, mais qu'elles pourraient être suivies de sommets toujours plus hauts. Le baril de WTI flirte avec les 100 dollars, tandis que le Brent a déjà dépassé ce seuil psychologique.

Le facteur clé reste le détroit d'Ormuz : environ 20 millions de barils par jour transitent par cette zone stratégique. Tant que ce passage demeure instable, le marché ignore les libérations de stocks stratégiques et se concentre sur le risque d'interruption. L'annonce du bombardement américain sur l'île de Kharg, cœur du système pétrolier iranien, tombée après la clôture des marchés vendredi, laisse présager un lundi particulièrement volatil. Si les infrastructures venaient à être touchées, un baril à 150 dollars ne relèverait plus de la fiction. Donald Trump tente, de son côté, d'éteindre l'incendie en levant certaines sanctions sur le pétrole russe afin de soulager le consommateur américain, mais cela reste marginal face au risque systémique.

⚠ Point de vigilance — risque d'escalade sur le pétrole

Le bombardement américain sur l'île de Kharg après la clôture des marchés vendredi, combiné à l'instabilité du détroit d'Ormuz par lequel transitent environ 20 millions de barils par jour, dessine un lundi potentiellement très volatil. Si les infrastructures pétrolières iraniennes étaient directement touchées, un baril à 150 dollars deviendrait un scénario crédible, et non plus une hypothèse d'école.

Or et argent : une dynamique parabolique

L'or évolue dans une dynamique parabolique dont je juge le potentiel haussier extraordinaire à l'horizon 2026, malgré l'intensité inhabituelle du mouvement.

L'or évolue dans une dynamique parabolique. La structure actuelle suggère la formation possible d'un deuxième creux avant une nouvelle accélération. Même si le mouvement actuel peut paraître « anormal » par son intensité, le potentiel haussier reste à mes yeux extraordinaire à l'horizon 2026. Le silver suit une logique similaire : la correction actuelle semble saine et pourrait préparer le prochain pivot haussier. Ces deux métaux restent, pour qui pratique le trading de l'or, des valeurs à surveiller de très près dans les semaines qui viennent.

Cryptomonnaies : la prudence reste de mise

Le Bitcoin reste en marché baissier sous la résistance de son tunnel, et une cassure vers le sud pourrait être brutale.

Le secteur des cryptomonnaies n'inspire pas encore d'optimisme débordant. Le Bitcoin reste en marché baissier tant qu'il évolue sous la résistance de son tunnel actuel. Cette semaine, cette résistance a été testée une seconde fois sans succès, et si le prix repart vers le sud, la chute pourrait être brutale. L'Ethereum se maintient de son côté sur une zone de support critique au sein d'un grand triangle chartiste. Pour l'instant, le niveau tient, mais en cas de décrochage du Bitcoin, l'Ether suivrait probablement le mouvement. Sur le trading crypto, je reste donc dans une posture attentiste plutôt qu'acheteuse.

Indices boursiers : résilience mais vigilance

La structure de fond des indices reste solide, mais le S&P 500 arrive sur un pivot technique majeur qui peut trancher dans les deux sens.

Malgré la volatilité liée aux tensions internationales, notamment avec l'Iran, la structure de fond des indices reste globalement solide. Le S&P 500 teste actuellement le bas de son range, et une figure de round top (sommet arrondi) commence à se dessiner. La moyenne mobile à 50 jours a été cassée, et le marché repose désormais sur la moyenne mobile à 200 jours : ce niveau constitue un pivot majeur, soit un rebond technique s'enclenche, soit une accélération baissière pourrait se produire. Le Nasdaq résiste mieux, mais la phase actuelle correspond selon moi à une pause nécessaire pour assainir les marchés après les fortes hausses passées. À long terme, le bull market initié en 2008 reste intact sur ces deux indices.

En Europe, le DAX allemand évolue sur un support de double convergence : tant que ce niveau tient, le scénario haussier reste privilégié. Le CAC 40 effectue un pullback après avoir cassé un long range en septembre 2025, un test classique d'une ancienne résistance devenue support, avec un objectif moyen terme ambitieux estimé à +20%. Le SMI suisse est quant à lui revenu dans son canal haussier ; un retour vers les 12 500 points constituerait, selon moi, une zone d'achat intéressante, la baisse actuelle semblant décorrélée des fondamentaux locaux. Sur les valeurs individuelles suisses que je suis, Roche (-6%) a été sanctionné après l'échec d'une phase 3 dans le cancer du sein, malgré un dividende en hausse pour la 39e année consécutive ; Lindt affiche des résultats solides et un programme massif de rachat d'actions, et redevient attractif pour le long terme à 10 800 CHF (bon de participation) ; Novartis, enfin, souffre surtout de la baisse généralisée de l'indice malgré des approbations FDA positives. Pour qui suit le trading d'indices, ce pivot du S&P 500 mérite une attention particulière ces prochains jours.

Synthèse graphique — biais par actif

ActifSituation techniqueBiais
Euro-DollarSupport important cédé, objectif 1,08 puis 0,96 en cas d'accélérationBaissier
Dollar (DXY)Rebond solide sur double convergence, scénario long terme haussierHaussier
Pétrole (WTI/Brent)Breakout après 4 ans de latéralisation, entrée en forte volatilité haussièreHaussier
OrDynamique parabolique, potentiel deuxième creux avant nouvelle accélérationHaussier
BitcoinSous la résistance de son tunnel, testée deux fois sans succèsBaissier
S&P 500Repose sur la moyenne mobile à 200 jours, pivot majeurNeutre / pivot
CAC 40Pullback après cassure de range, objectif moyen terme +20%Haussier
DAXSupport de double convergence qui tient pour l'instantHaussier

Crédit privé et macro : le risque silencieux

Pendant que l'attention se porte sur la guerre, une menace plus discrète se forme à Wall Street : celle du crédit privé et d'une possible stagflation.

Pendant que l'attention médiatique se focalise sur la guerre, une menace plus silencieuse se forme à Wall Street : le marché du crédit privé. Ces fonds prêtent à des entreprises souvent délaissées par les banques traditionnelles, et des fissures commencent à apparaître. Les prêts PIK (Pay-In-Kind) explosent : concrètement, lorsque l'emprunteur ne peut plus payer ses intérêts en cash, ceux-ci sont ajoutés à la dette totale. La proportion d'entreprises utilisant ce mécanisme est passée de 5% à 11%. On repousse ainsi le problème dans le futur, mais si la croissance ralentit, le mur se rapproche.

Les derniers chiffres macroéconomiques américains ne rassurent d'ailleurs pas : le PIB du T4 2025 a été révisé à 0,7%, contre 1,4% attendu. Nous avons ici une inflation persistante et une croissance faible, tous les ingrédients d'une stagflation réunis, sachant que ces chiffres ne tiennent pas encore compte de la récente explosion du pétrole. Le cocktail est explosif : guerre qui s'enlise, pétrole sous tension, Fed en réunion dans un contexte de stagflation, et premières restrictions de retraits sur certains fonds. Le message est clair pour moi : c'est le pétrole qui dicte la direction. Dans l'immédiat, la macro et la micro passent au second plan derrière les décisions politiques américaines et la situation dans le Golfe.

🎯 Ma vision

Nous observons cette semaine un retour de la force du dollar et une accélération des matières premières qui redessinent, à mes yeux, les cartes pour 2026. La prudence reste de mise sur les cryptos, tandis que les actions européennes et américaines effectuent des corrections techniques au sein de tendances de fond qui demeurent, pour l'heure, orientées à la hausse.

Ma méthode pour naviguer ce type de semaine reste la même : surveiller les pivots techniques (moyennes mobiles à 200 jours, supports de double convergence) plutôt que de réagir à chaud à l'actualité géopolitique. Pour ceux qui veulent comprendre comment je structure ces décisions, je détaille tout dans ma méthode.

Questions fréquentes de la semaine

Pourquoi l'euro est-il désormais orienté à la baisse face au dollar ?
Cette semaine, l'euro a cassé un support important qui confirme la tendance baissière structurelle entamée depuis 2010. Mon objectif technique se situe autour de 1,08 dans un premier temps, avec un scénario plus extrême de retour sous la parité vers 0,96 en cas d'accélération violente.
Le pétrole à ces niveaux annonce-t-il une flambée vers 150 dollars ?
Le baril a cassé une résistance majeure après quatre ans de latéralisation post-Covid, et le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 millions de barils par jour, concentre tout le risque. Le bombardement américain sur l'île de Kharg, cœur du système pétrolier iranien, rend un baril à 150 dollars crédible si les infrastructures étaient touchées.
Pourquoi l'or reste-t-il dans une dynamique parabolique malgré un mouvement inhabituel ?
La structure technique actuelle suggère la formation possible d'un deuxième creux avant une nouvelle accélération. Même si l'intensité du mouvement peut sembler anormale, je considère que le potentiel haussier reste extraordinaire à l'horizon 2026.
Le Bitcoin est-il toujours en marché baissier ?
Oui : le Bitcoin reste sous la résistance de son tunnel actuel, testée une seconde fois sans succès cette semaine. Si le prix repart vers le sud, la chute pourrait être brutale, et l'Ethereum, qui tient pour l'instant un support critique, suivrait probablement ce mouvement.
Qu'est-ce que le risque du crédit privé et des prêts PIK ?
Les prêts PIK permettent à un emprunteur d'ajouter ses intérêts impayés à sa dette totale plutôt que de les régler en cash. La proportion d'entreprises qui y recourt est passée de 5% à 11%, ce qui repousse le problème dans le futur sans le résoudre : si la croissance ralentit, le mur se rapproche.
Les indices boursiers restent-ils haussiers malgré la volatilité géopolitique ?
À long terme oui : le bull market initié en 2008 reste intact sur le S&P 500 et le Nasdaq. Mais à court terme, le S&P 500 teste le bas de son range et repose sur sa moyenne mobile à 200 jours, un pivot majeur qui peut déclencher un rebond comme une accélération baissière.

Analyse à but pédagogique — ne constitue pas un conseil en investissement. Voir l'avertissement sur les risques.

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