Cours en direct · XAU/USD
Le cours de l'or en dollars, mis à jour en continu — et ce qu'il faut comprendre pour en faire autre chose qu'un chiffre qui clignote.
Graphique fourni par TradingView, flux OANDA à titre indicatif. Ce prix n'est pas une cotation officielle et ne correspond pas exactement à celui de votre courtier — j'explique pourquoi plus bas.

Regarder le cours du XAUUSD prend trois secondes. Le comprendre en prend un peu plus, et c'est pourtant là que se joue la différence entre un chiffre qu'on consulte et une information dont on fait quelque chose. La plupart des pages qui affichent ce cours s'arrêtent au chiffre. Celle-ci part du principe que vous voulez savoir ce qu'il y a derrière : d'où vient ce prix, pourquoi il diffère de celui de votre courtier, à quelles heures il signifie quelque chose, et comment le convertir dans les unités qui vous parlent — l'euro, le gramme.
Je travaille cet instrument toutes les semaines depuis des années et je publie mes analyses en les laissant en ligne, justes ou fausses. Ce qui suit vient de cette pratique, pas d'une fiche produit.
Le XAUUSD n'est pas le prix d'un lingot chez votre bijoutier : c'est le prix de gros d'une once troy d'or livrable immédiatement, libellé en dollars.
Le sigle se décompose sans mystère. XAU est le code ISO 4217 attribué à une once troy d'or — la même norme qui donne EUR à l'euro et JPY au yen. USD est le dollar américain. Lire « XAUUSD à 4 600 » signifie donc : il faut 4 600 dollars pour acheter une once troy d'or sur le marché de gros.
Deux précisions comptent. D'abord, l'unité : l'once troy vaut 31,1035 grammes, pas 28,35 comme l'once avoirdupois utilisée pour peser des aliments. Un facteur de 10 % d'écart qui suffit à fausser toutes vos conversions si vous prenez le mauvais chiffre.
Ensuite, la nature du prix : il s'agit du cours spot, c'est-à-dire d'un or livrable quasi immédiatement, par opposition aux contrats à terme dont l'échéance est future. Ce marché spot est de gré à gré : les transactions se nouent entre banques, courtiers et institutions, sans passer par une bourse centralisée. Conséquence directe, et c'est le point que presque personne n'explique : il n'existe pas de prix officiel unique de l'or à un instant T. Il existe autant de prix que de fournisseurs de liquidité, tous très proches, aucun identique.
Le seul repère centralisé du marché est le LBMA Gold Price, établi deux fois par jour par enchères à Londres — le matin et l'après-midi. C'est la référence utilisée pour les contrats professionnels et les valorisations comptables. Ce n'est pas le prix auquel vous traitez : c'est une photographie, pas un flux.
Trois écarts se superposent : le spread, la source de liquidité et le décalage d'horodatage. Aucun n'est anormal — mais les ignorer coûte cher.
C'est la question que je reçois le plus au sujet des cours en direct : « pourquoi TradingView affiche 4 612 et mon compte 4 611,70 ? » Trois raisons se cumulent.
1. Il n'y a pas un prix, il y en a deux. À tout instant coexistent un prix d'achat (ask) et un prix de vente (bid). L'écart entre les deux, le spread, est la rémunération de l'intermédiaire. Les graphiques affichent presque toujours le bid : si vous comparez votre prix d'achat au graphique, vous comparez deux choses différentes. Sur l'or, un spread typique va de 20 à 40 cents en conditions normales, et peut décupler à l'ouverture du dimanche soir ou au moment d'une publication macroéconomique.
2. Les flux ne viennent pas du même endroit. Chaque plateforme agrège les cotations d'un panier de fournisseurs de liquidité qui lui est propre. Deux paniers différents donnent deux prix légèrement différents. Un écart de quelques dizaines de cents est structurel, pas suspect.
3. Le fuseau et l'horodatage. Une bougie journalière ne commence pas à la même heure chez tous les courtiers : certains clôturent leur journée à minuit heure de New York, d'autres à minuit heure de Londres ou de Chypre. Résultat, le plus haut et le plus bas du jour ne sont pas les mêmes d'une plateforme à l'autre — et un niveau technique dessiné sur une plateforme peut ne pas exister sur une autre. C'est une source d'erreur classique quand on suit l'analyse de quelqu'un d'autre sans vérifier sa source.
Un ordre placé exactement sur un niveau vu ailleurs peut ne jamais se déclencher, ou se déclencher trente cents plus loin. On ne travaille donc pas sur le prix du graphique d'un tiers : on travaille sur son propre flux, et on garde une marge autour des niveaux plutôt que de les traiter comme des lignes exactes. C'est aussi pour cela que je raisonne en zones, jamais en prix uniques.
Le marché est ouvert presque 24 heures sur 24, mais l'or n'est réellement exploitable que sur deux créneaux.
L'or se traite en continu du dimanche soir au vendredi soir, avec une brève interruption quotidienne en fin de soirée — le moment où les courtiers appliquent le report de position au lendemain. Autour de cette coupure, le spread s'élargit fortement et les mouvements observés n'ont aucune signification technique.
Ouverture permanente ne veut pas dire activité permanente. Dans les faits, l'amplitude se concentre sur deux fenêtres, en heure de Paris :
| Créneau (heure de Paris) | Ce qui s'y passe | Utilité |
|---|---|---|
| 1 h – 8 h — session asiatique | Volume faible, dérive lente, fourchettes étroites | Faible. Le spread coûte souvent plus que l'amplitude ne rapporte. |
| 9 h – 12 h — ouverture de Londres | Premier vrai afflux de volume de la journée, sortie fréquente de la fourchette asiatique | Bonne. C'est là que la journée prend souvent sa direction. |
| 14 h 30 – 17 h 30 — recouvrement Londres–New York | Volume maximal, publications américaines, mouvements les plus larges | Maximale — et c'est aussi le créneau le plus dangereux. |
| Après 20 h | Reflux progressif, spread qui s'élargit | Faible. Ce qui se dessine tard se défait souvent le lendemain. |
Deux moments méritent une vigilance particulière. L'ouverture du dimanche soir produit régulièrement un écart de cotation : le prix rouvre à un niveau différent de la clôture du vendredi, sans qu'aucune transaction n'ait eu lieu entre les deux. Un ordre stop placé dans cet intervalle est exécuté au premier prix disponible, pas au prix demandé. Les publications macroéconomiques — inflation américaine, décision de banque centrale, emploi — produisent le même phénomène en pleine séance, en quelques secondes.
Trois calculs suffisent pour traduire le XAUUSD dans les unités qui vous concernent.
Passer en euros. Le XAUUSD est en dollars. Pour obtenir le prix de l'once en euros, on divise par le taux EUR/USD : une once à 4 600 dollars avec un euro à 1,15 dollar vaut environ 4 000 euros. Ce détour a une conséquence sous-estimée : un investisseur en euros subit deux variations, celle de l'or et celle du dollar. L'or peut monter en dollars et stagner en euros si le dollar recule en même temps. C'est arrivé plusieurs fois cette année.
Passer au gramme. On divise le prix de l'once par 31,1035. Une once à 4 000 euros donne un gramme à environ 128,60 euros. C'est le calcul à faire avant de comparer avec le prix affiché par un négociant en métaux : l'écart restant correspond à sa marge, à la prime de la pièce ou du lingot et aux frais de fabrication — pas au cours de l'or.
Passer en résultat. Un contrat standard porte sur 100 onces. Un mouvement d'un dollar sur le cours vaut donc 100 dollars pour un lot entier, 10 dollars pour un dixième de lot, 1 dollar pour un centième. L'or parcourant fréquemment 40 à 60 dollars dans une journée agitée, la même position peut produire plusieurs milliers d'euros de gain ou de perte. Le dimensionnement se calcule avant l'entrée, à partir de la distance jusqu'au stop — la mécanique complète du contrat est détaillée dans mon guide complet du XAUUSD.
Le plafond de levier est une limite réglementaire haute, jamais un objectif à atteindre.
Quatre moteurs expliquent l'essentiel des mouvements de l'or. Aucun n'est mécanique, mais les ignorer revient à lire un graphique sans le son.
Les taux réels américains. C'est le moteur dominant. L'or ne verse aucun revenu : quand les obligations d'État rapportent beaucoup après inflation, le détenir coûte cher en manque à gagner, et il tend à baisser. Quand ces mêmes taux réels reculent, l'argument s'inverse. La relation est généralement inverse, mais elle n'est ni immédiate ni parfaite — elle se rompt notamment lors des épisodes de défiance sur la dette souveraine.
Le dollar. L'or est libellé en dollars : mécaniquement, un dollar plus fort renchérit l'or pour tous les acheteurs hors zone dollar, ce qui pèse sur la demande. Là encore, la corrélation est une tendance de fond, pas une loi de tous les jours.
La demande des banques centrales. Elle est devenue déterminante ces dernières années. C'est une demande insensible au prix, qui achète parce qu'elle veut diversifier ses réserves, pas parce qu'elle trouve le cours attractif. Elle installe des planchers durables.
La défiance. Crise géopolitique, doute sur la solvabilité d'un État, tension sur le marché obligataire : l'or capte les flux qui quittent le papier. C'est le moteur le plus brutal et le plus difficile à anticiper — mais c'est aussi celui qui produit les mouvements les plus larges.
Un prix instantané ne contient aucune information sur la structure du marché. C'est la lecture multi-horizons qui la donne.
Le chiffre affiché en haut de cette page vous dit où est l'or maintenant. Il ne vous dit ni d'où il vient, ni ce qu'il est en train de faire. Deux marchés au même prix peuvent raconter deux histoires opposées : un qui s'y installe après une montée régulière, un autre qui le traverse en chute libre. Rien dans le nombre ne les distingue.
La méthode que j'applique consiste à lire de haut en bas : le journalier donne le contexte, le 4 heures la structure de la semaine, le 1 heure le point d'entrée éventuel. Une même bougie n'a pas le même sens selon l'étage où on la regarde — c'est tout l'objet de ma page méthode, et c'est ce que je détaille dans la formation.
Trois séquences consécutives où le même chiffre affiché à l'écran signifiait trois choses différentes.
Je publie une analyse de l'or chaque samedi et je la laisse en ligne, quelle qu'ait été son issue. Ces trois-là illustrent bien pourquoi un cours instantané ne suffit pas.
Le 8 août, l'or a repris plus de 7 % sur la semaine pour revenir au contact des 4 400 dollars — non pas à cause d'une configuration technique, mais parce qu'un chiffre d'emploi américain catastrophique, 23 000 destructions de postes contre 83 000 créations attendues, a renversé les anticipations de taux en une séance (l'analyse du 8 août). Un cours consulté le vendredi soir montrait une hausse. Il ne montrait pas que sa cause était macroéconomique, donc réversible au chiffre suivant.
Le 15 août, l'or est monté chercher 4 440 dollars après une inflation américaine plus douce que prévu, s'est fait vendre jusqu'à 4 311, puis a rebondi vers 4 380. Une semaine légèrement négative en apparence — mais rien de cassé dans la structure (l'analyse du 15 août). Le cours seul disait « baisse ». La structure disait « respiration ».
Le 22 août, l'or a pris 5,6 % sur la semaine pour finir à 4 624 dollars, soit +14,2 % en trois semaines, pendant que le 30 ans américain touchait son plus haut depuis dix-neuf ans et que la dette fédérale franchissait les 40 000 milliards de dollars (l'analyse du 22 août). Là, le moteur n'était plus un chiffre isolé : c'était de la défiance sur le papier. Ce n'est pas le cours qui le disait, c'est le contexte obligataire.
Trois semaines, trois lectures. Le même écran, la même paire, et trois raisons de faire trois choses différentes.
Consulter un prix ne coûte rien. Prendre position engage du capital : ce sont deux activités distinctes.
Si vous êtes arrivé ici pour vérifier un cours, vous avez ce qu'il vous faut en haut de page. Si vous êtes ici parce que vous envisagez de travailler cet instrument, l'ordre de marche est le suivant : comprendre le contrat avant de le traiter — c'est le rôle du guide XAUUSD ; choisir une approche adaptée au régime de marché plutôt qu'à votre humeur — c'est l'objet de la page comment trader l'or ; puis, seulement ensuite, dimensionner vos positions.
Et si la contrainte est le capital plutôt que la méthode, le passage par un financement en prop firm permet de travailler sur un capital confié après évaluation — avec ses propres règles, que j'explique sans les enjoliver. Mes analyses hebdomadaires restent en ligne, datées, comme point de comparaison entre ce que j'annonce et ce que le marché fait.
Contenu pédagogique et informatif — ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les cours affichés sont fournis à titre indicatif et ne constituent pas une cotation ferme. Le trading de l'or à effet de levier comporte un risque élevé de perte en capital. Voir l'avertissement sur les risques.
Chaque samedi, je publie ma lecture de l'or — datée, argumentée, et laissée en ligne qu'elle ait eu raison ou tort.