Blog · Analyse de marché

Cette semaine, je décrypte les signaux que les marchés semblent refuser d'entendre : le 30 ans américain franchit 5,12% pour la première fois depuis 2007, le pétrole s'emballe à 109$ avec le détroit d'Ormuz toujours fermé, et l'inflation ressort à 3,8% en CPI avec un PPI en hausse de 6%. La deuxième vague inflationniste est là.
Bond vigilantes de retour, stagflation qui s'installe, records de Wall Street en trompe-l'œil et bulle sur la DRAM à +107% en six semaines : voici mon décryptage complet de la semaine, actif par actif.
Le 30 ans américain franchit 5,12% pour la première fois depuis 2007 : les bond vigilantes reprennent la main.
Cette semaine, je vois le 30 ans américain franchir la barre des 5,12%, un niveau plus revu depuis 2007. C'est le retour de ce qu'on appelle les bond vigilantes — ces investisseurs obligataires qui, en vendant massivement leurs titres, forcent les taux à monter et sanctionnent une politique budgétaire ou monétaire jugée trop laxiste. Quand le marché obligataire reprend ainsi la main, c'est un signal que je ne peux pas ignorer.
Le baril s'emballe à 109$ avec le détroit d'Ormuz toujours fermé : un choc d'offre qui alimente directement la deuxième vague inflationniste.
Le pétrole s'emballe à 109$ le baril, porté par la fermeture persistante du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en brut. Ce type de choc d'offre géopolitique se traduit mécaniquement par une pression à la hausse sur les prix à la pompe, puis sur l'ensemble de la chaîne de production, ce qui alimente directement la deuxième vague inflationniste que je détaille juste après.
CPI à 3,8%, PPI en hausse de 6% : les chiffres confirment que la deuxième vague inflationniste s'installe.
L'inflation ressort à 3,8% en CPI, avec un indice des prix à la production en hausse de 6%. Cette combinaison — des prix à la production qui accélèrent plus vite que les prix à la consommation — est un signal classique de pression inflationniste en cours de transmission : les entreprises répercutent progressivement la hausse de leurs coûts sur les consommateurs. C'est cette dynamique que je qualifie de deuxième vague inflationniste.
Les records de Wall Street masquent une bulle spécifique sur les puces mémoire DRAM, qui ont bondi de 107% en six semaines.
Wall Street continue d'inscrire des records, mais je les qualifie de records en trompe-l'œil : ils cachent des poches de spéculation extrême, à l'image de la bulle sur les puces mémoire DRAM, qui se sont envolées de 107% en six semaines. Ce type de hausse verticale et concentrée sur un segment étroit du marché m'incite à la prudence sur la solidité de fond des indices, même quand ils affichent de nouveaux sommets.
L'or reste en bull market structurel pendant que le dollar confirme un rebond massif : deux tendances qui cohabitent malgré leur opposition apparente.
Dans ce contexte de taux qui montent et d'inflation qui repart, l'or reste selon moi en bull market structurel, porté par la recherche de protection face à une érosion monétaire généralisée. Le dollar, de son côté, confirme un rebond massif, porté par la remontée des taux américains. Ces deux tendances peuvent sembler contradictoires, mais elles reflètent surtout la nervosité généralisée des marchés face à une combinaison inhabituelle de taux élevés, d'inflation persistante et de croissance qui ralentit — la définition même de la stagflation.
Cette semaine confirme à mes yeux le retour d'un régime de marché que nous n'avions plus connu depuis les années 1970 : la stagflation, ce mélange de croissance faible et d'inflation élevée. Les bond vigilantes reprennent la main sur les banques centrales, le pétrole alimente une deuxième vague inflationniste, et les records de Wall Street masquent des poches de spéculation ponctuelles comme celle sur la DRAM.
Je reste attentif à la manière dont les banques centrales vont réagir à cette pression conjointe des taux et de l'inflation, et je continue de privilégier l'or comme protection structurelle dans ce contexte, aux côtés d'un dollar qui profite lui aussi de la remontée des taux américains.
Analyse à but pédagogique — ne constitue pas un conseil en investissement. Voir l'avertissement sur les risques.
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